Le lien historique incroyable entre le Castellum de Larçay, château-fort gallo-romain, le toponyme de Larçay, et l’église Saint-Symphorien du village…

Ceux, dieux, hommes, ou saints qui ont protégé la ville de Tours. Essayons d’en faire une part du récit historique…

Légionnaires romains

Légionnaires romains

Des légionnaires romains
Photo par David Friel – Flickr, CC BY 2.0 :
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3163126

Extrait ci-dessous de mon ouvrage :
Larçay (Indre-et-Loire) à travers les siècles : l’église St-Symphorien
à télécharger ici, gratuitement :
Nicolas-Huron-St-Symphorien-de-Larcay (37).pdf
ou avec une participation volontaire éventuelle avec €-libre-paiement,
ou avec une invitation aux bénéfices avec 32%/€net.

Version papier à faire imprimer et à acquérir à la Boutique !

Bonne visite à travers l’étude de l’église Saint-Symphorien de Larçay (37).

Un site archéologique documenté et célèbre qui nous pose des questions…

A propos du castellum romain de Larçay, je ne reprendrai pas ici les bonnes informations données par le site internet encyclopédique Wikipedia, ni par l’excellente présentation que l’on peut trouver sur le site internet de la mairie de Larçay (Accueil -> Larçay -> Tourisme -> Le Castellum) réalisée suite aux fouilles archéologiques dirigées par Jason Wood (liens : archéologie  ; Castellum ). Cependant, à propos de ce Castellum gallo-romain, deux questions m’ont été posées : Pourquoi y a-t-il un fort gallo-romain en maçonnerie du Bas-Empire sur les hauteurs du coteau de la vallée du Cher à Larçay ? Pourquoi ce fort semble inachevé ? Il manque en effet une bonne moitié du rempart à l’ouest et que la partie nord de ce quadrangulaire, donnant sur le coteau, ne présente pas un épais rempart défensif, mais un mur plus léger et bas uniquement situé dans l’angle nord-est, une limite de terrassement face à la vallée du Cher et à la Ville aux Dames.

Castellum de Larçay, vue de l'est

Castellum de Larçay, vue de l’est

Le mur est et la tour centrale accolée au rempart du côté est
(photo Jean-Marie Renaudeau, adjoint au maire, conseiller municipal)

Castellum de Larçay, vue du nord

Castellum de Larçay, vue du nord

 Le mur sud du Castellum et sa tour sud-est
(photo Jean-Marie Renaudeau, adjoint au maire, conseiller municipal)

Le vocabulaire

Notons que ce type d’édifice pouvait porter le nom de castellum, nom retenu par les archéologues, qui a donné en français « châtellier, château, castel… », mais aussi celui de burgus qui a donné en français le mot « bourg » dont le sens premier latin est « château fort ».

Castellum de Larçay, coin sud-ouest

Castellum de Larçay, coin sud-ouest

La tour sud-ouest
(photo Jean-Marie Renaudeau, adjoint au maire, conseiller municipal)

Un château-fort ? Non ! Un élément de défense d’une zone administrée collectivement

La traduction de château-fort, pour ce genre de construction gallo-romaine, nous fait penser au Moyen-Age et aux châteaux-forts des seigneurs de la noblesse. Les châteaux-forts du Moyen Age sont des habitats de défense individuelle, soit d’un représentant d’une autorité royale ou seigneuriale, soit d’un seigneur indépendant. Le château-fort médiéval est un habitat fermé de tous côtés. Les défenses de l’époque gallo-romaine n’avaient pas une fonction de sécurité individuelle, mais étaient des aménagements de défense collective d’une ville, d’une frontière, ou pour sécuriser un passage, un carrefour, un « point de rupture de charge » comme un port, ou pour renforcer d’un point fragile, entre deux massifs forestiers par exemple, le plus souvent en frontière face à une zone hostile.

Fortifications gallo-romaines du IVe siècle

Fortifications gallo-romaines du IVe siècle

Exemple de reconstitution de remparts gallo-romains
de la fin du IIIe ou du IVe siècle après Jésus Christ
(Dessin Nicolas Huron)

Des défenses pour une stratégie en ligne…

La force des légions romaines était surtout remarquable et efficace dans l’infanterie, surtout par l’invincibilité d’une ligne de front impénétrable. Ainsi, nous trouvons souvent des lignes de fossés, ou des fortifications incomplètes, en fait, complètes face à l’ennemi mais ouverte vers la partie à sécuriser qui sert à alimenter cette défense, en hommes, en vivre, en matériel, etc., mais aussi en soutien stratégique, voire psychologique… Cette incomplétude de la défense ou du rempart répond au principe romain de servitude à Rome, c’est-à-dire à la collectivité romaine, où tout le monde, en tout cas les citoyens libres, devaient participer à la défense de l’Empire romain et à la prospérité de Rome, alors encore esclavagiste et menacée par des barbares libres notamment Francs, particulièrement criminels et pillards : les Germains. L’idée de se « planquer » individuellement ou en groupe dans un château-fort n’était pas concevable sous l’Empire et l’emprise de Rome qui assujettissait tout le monde au service de la puissance de l’Urbs.

Castellum de Larçay, fouilles archéologiques

Castellum de Larçay, fouilles archéologiques

Plan des fouilles archéologiques
(site internet de la commune)

Un fort ouvert vers Tours, ville nourricière et centre de commandement

La moitié du rempart ouest au coin nord-ouest manque. Cette partie du rempart a pu être démolie pour servir de remblaiement à la route passant au pied du coteau, peut-être à l’époque moderne. Mais, à Larçay, la partie du fort, qui est ouverte, l’est vers la ville de Tours, son soutien, son ravitaillement, mais aussi son commandement, bref sa raison d’être. Donc, la raison d’être du Castellum de Larçay est la défense et le ravitaillement de la ville de Tours, et vice et versa, sur un point faible, entre la grande zone forestière du plateau, facile à défendre ou à fermer par des abattis d’arbres, et le coteau de la vallée du Cher, resté sans rempart défensif, par soucis d’économie mais aussi pour des questions de techniques militaires romaines.

En lisant la Guerre des Gaules de Jules César, on apprend que les Romains se trouvant en haut d’un escarpement se rendaient invincibles par armes de jet, la gravité leur donnant un avantage.

Notons que la grande forêt de Larçay, au sud, resta plus ou moins dans le domaine public gallo-romain puisqu’il appartiendra au Moyen Age à l’archevêque de Tours, héritier de l’autorité romaine pendant les invasions barbares, notamment de 406, mais aussi avant et après l’arrivée des barbares germains Francs conduits à Tours en 507 par le roi Clovis sur la route de la bataille de Vouillé contre les Wisigoths, et à son retour de cette bataille en 508. Rappelons ici le rôle immense du culte à saint Martin lors de ces évènements.

Il faut comprendre que ce fort n’était qu’un élément d’un dispositif beaucoup plus étendu.

Qu’est-ce qu’il y avait avant la période d’insécurité ?

Le Castellum de Larçay était précédé par un édifice cultuel (on pense à un mausolée) à colonnades, de forme circulaire, et surélevé sur un soubassement carré qui fut intégré dans le rempart sud près de ce qui semblerait être une porte.

Maquette du Trophée des Alpes

Maquette du Trophée des Alpes

Maquette du Trophée des Alpes (Musée de la civilisation romaine, Rome)
Monument pouvant ressembler à celui de Larçay
(Photo : Jean-Pierre Dalbéra, Licence Creative Commons)

Une villa se trouvait au sud-est de cet édifice. Cette villa, demeure aristocratique ou bâtiment administratif et commercial, semble avoir été également détruite, avec le « mausolée », ou édifice cultuelle, au moment de la construction du fort. Les matériaux de ces édifices ont été réemployés dans la maçonnerie des remparts du Castellum au moment du remplacement d’une protection spirituelle par une protection temporelle et militaire, et période historique oblige, par son remplacement également par une autre protection spirituelle de cette seconde moitié du IVe siècle, le Christianisme.

Castellum de Larçay, plan des fouilles archéologiques

Castellum de Larçay, plan des fouilles archéologiques

Plan des fouilles archéologiques
Wood Jason. Larçay (Indre-et-Loire). « La Tour » et « Bellevue », castellum du Bas-Empire et villa gallo-romaine. In: Revue archéologique du Centre de la France, tome 24, fascicule 1, 1985. pp. 110-111; http://www.persee.fr/doc/racf_0220-6617_1985_num_24_1_3117_t1_0110_0000_2

La datation…

Les archéologues ont indiqué que le fort datait des environs de 250, temps des débuts des troubles des incursions germaniques, mais aussi temps où l’aristocratie de l’Empire, lâchée par leurs esclaves en cours de christianisation, prenait comme mercenaires pour sa défense, les mêmes envahisseurs barbares en les plaçant en des points stratégiques de l’Empire. Si on se réfère aux remparts gallo-romains de la ville de Tours, il faudrait plutôt attribuer ces fortifications aux premières années de la seconde moitié du IVe siècle, quelques années avant ou au moment de l’installation par la population tourangelle de saint Martin, comme évêque de Tours en 371.

Pourquoi une fortification gallo-romaine à Larçay ?

Larçay se situe en amont d’un grand méandre coudé de la rivière du Cher qui précède en aval des marais assainis aujourd’hui. Ce méandre, ce coude, qui porte le nom gaulois de Cangé (voir l’article sur ce toponyme Cangey) était donc le début de la zone facilement navigable du Cher. En amont de ce méandre, le Cher est rectiligne sur plus de 40 km et passe notamment devant le site gallo-romain d’administration commerciale de Thésée-la-Romaine (Loir-et-Cher), frontière avec le pays biturige, le Berry.

Larçay se trouve donc près d’un point de rupture de charge, Cangé, c’est-à-dire un endroit où les marchandises changent de moyen de transport, passant de la voie terrestre à la navigation fluviale sur le Cher ou inversement. Le lieu évoque donc le départ et le voyage des marchands et donc leur nécessaire protection spirituelle ou temporelle.

Situation de Larçay

Situation de Larçay

L’environnement géostratégique de Larçay

Le toponyme de Larçay, des interrogations…

Avant la construction de la défense militaire du Castellum de Larçay, ce point stratégique commercial au service de l’Empire, bénéficiait d’une protection spirituelle, d’ordre privé et aristocratique, ou collective et commerciale.

Le toponyme Larçay a pour l’instant reçu l’interprétation suivante des linguistes : De lariciacus (ou Larciacus), « domaine de Laricius » (ou forme contractée Larcius), nom d’homme gallo-romain (Stéphane Gendron : L’origine des noms de lieux de l’Indre-et-Loire. Communes et anciennes paroisses. Chemillé-sur-Indrois, Editions Hugues de Chivre, 2012, page 134).

Pour l’historien que je suis, cette hypothèse sortie des dictionnaires des noms romains de personnes ne peut pas être suivie. Dans Larçay, il faut y voir à notre avis, l’addition de deux termes, de deux concepts : « lar » et « cé ». Le second terme désigne en toponymie habituellement justement un méandre, un lit de rivière, mais aussi un siège, une courbure (voir à ce sujet l’article sur Pocé-sur-Cisse).

Il reste donc à connaître la racine « lar » que nous associons, pour notre part, aux dieux Lares publics qui présidaient aux édifices, aux carrefours, aux places des villes, aux chemins, aux champs, etc. Les dieux Lares étaient même chargés d’éloigner les ennemis. A Rome, les Lares avaient leur temple dans le Champ-de-Mars, lieu des manœuvres et regroupements militaires.

La légende de la naissance des dieux Lares, racontée par Ovide qui en fait des fils de Mercure, signifie simplement que les Lares ont des fonctions analogues à celles de Mercure-Hermès, dieu des carrefours, protecteur du commerces, des voleurs, des voyageurs, mais aussi dieu de la prospérité.

Le culte des dieux Lares trouverait son origine dans la coutume primitive d’enterrer les corps dans les maisons. Les gens pensaient que les âmes des défunts y demeuraient alors, et ils les honoraient comme des génies favorables et propices à leur propre famille. Plus tard, quand la coutume fut introduite d’enterrer les morts le long des grands chemins, on considéra aussi les Lares comme dieux protecteurs des routes.

Les Lares étaient représentés sous la forme d’adolescents, tenant dans leur main une corne d’abondance et tournoyant légèrement sur la pointe du pied. Janus, Apollon, Diane, Mercure étaient réputés dieux Lares des Romains.

Ainsi, l’édifice cultuelle qui précéda le Castellum de Larçay, trouve peut-être son explication dans le nom même du lieu : Larçay, soit « Lares-Cé », protection des dieux Lares sur le carrefour commercial près du grand méandre du Cher de Cangé, sur la voie fluviale et probablement près d’une ancienne voie romaine.

Dieu Lare

Dieu Lare

Dieu Lare romain en bronze (musée archéologique nationale d’Espagne)
(Photo : Luis Garcia, 2008, Licence Creative Commons)

Une protection spirituelle postérieure : saint Symphorien

Après les invasions barbares et l’instauration du royaume des Francs, les fortifications gallo-romaines du Castellum de Larçay changèrent probablement de destination. La structure collective et esclavagiste de l’Empire romain laissa place à une période troublée et inculte uniquement structurée dans les premiers siècles de la France mérovingienne par l’Eglise catholique et romaine, seul appareil cultuel et culturel susceptible de porter une continuité civilisationnelle. Le culte qu’imposèrent les premiers Chrétiens de l’Eglise militante pour lutter à Larçay contre l’autorité esclavagiste romaine et contre la barbarie criminelle et pillarde germanique fut celui de saint Symphorien.

Saint Symphorien fut, selon le martyrologue romain, un jeune martyr décapité au IIIe siècle. Né à Autun, ville encore païenne à l’époque et située sur une grande voie romaine, Symphorianus eut pour père saint Fauste, préteur au service du consul romain local. Elevé dans la foi chrétienne par sa mère, Augusta, Symphorien, qui refusa de sacrifier à la déesse Cybèle, fut battu, emprisonné puis condamné à mort. Sur le chemin de son supplice et jusqu’au dernier moment, sa mère encouragea Symphorien, du haut des remparts d’Autun, à rester ferme dans sa foi lui disant notamment: « Courage mon fils! Ta vie ne te sera pas enlevée; elle te sera échangée contre une vie meilleure. » Le jeune saint martyr fut décapité dans sa vingtième année.
Selon d’autres récits, saint Symphorien, martyr, aurait troublé à Autun, peut-être vers 275, une procession en l’honneur de la déesse Bérécinthe. Tandis qu’on le conduisait au supplice hors de la ville, sa mère l’exhortait du haut des remparts: “Mon fils, mon fils Symphorien, souviens-toi du Dieu vivant. Aujourd’hui la vie ne t’est pas enlevée, elle est changée en vie meilleure”.

Etymologiquement, Symphorien, provient du grec συν « avec » et φορεω « porter ».

L’hagiographie du patron de l’église Saint-Symphorien de Larçay nous apprend donc que ce saint est lié à un lien familial indéfectible (Augusta, mère de Symphorien n’a pas été sanctifiée par l’Eglise…) rappelant les dieux Lares, dieux familiaux et domestiques, mais est aussi lié à la présence de remparts, ceux de la ville d’Autun. Ainsi on peut lier le culte de saint Symphorien à Larçay, avec la présence des remparts gallo-romains du Castellum. Le culte de saint Symphorien à Larçay est une christianisation des remparts du Castellum, mais aussi et sans doute une christianisation d’un lieu consacré aux dieux Lares, un lieu de départ en voyage commercial. C’est une déduction qui semble logique.

Eglise Saint-Symphorien de Larçay

Eglise Saint-Symphorien de Larçay

L’église Saint-Symphorien de Larçay
située au bas du coteau près de l’ancienne voie romaine
(Photo : Nicolas Huron, 1991)
Livre sur l’histoire de cet édifice

Un lien entre saint Symphorien et la défense de la ville de Tours ?

Il est remarquable que les églises Saint-Symphorien sont assez nombreuses en Indre-et-Loire comparativement aux autres départements voisins. Curieusement, l’église de la commune voisine de Chambray-lès-Tours a aussi ce vocable. Chambray se situe sur l’ancienne grande voie romaine menant à Poitiers. Le toponyme de Chambray rappelle la présence éventuelle d’un édifice voûté.

Auprès de Tours, nous trouvons aussi l’église de l’ancienne commune de Saint-Symphorien située sur la rive nord et réunie aujourd’hui à la ville de Tours. Sur Saint-Symphorien, un archéologue avait identifié au XIXe siècle une forteresse au lieu-dit la Butte Châtellier, dont le nom provient du latin castellum (Michel Provost : Carte archéologique de la Gaule, L’Indre-et-Loire, Paris, Edition Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1988, page 105).

L’église de Fondettes, où il existe aussi les ruines d’une grande villa gallo-romaine fortifiée de tours, dont ces parties ont été réutilisées dans l’architecture du château de Chatigny, est également placée sous le vocable de saint Symphorien. Au nord de Tours, l’église de Mettray sur la voie menant au Mans a aussi ce vocable.

Eglises placées sous le vocable de Saint-Symphorien

Eglises placées sous le vocable de Saint-Symphorien

Ainsi on trouve au sud et au nord de Tours, avec les cultes de saint Symphorien à Larçay, Chambray-lès-Tours, Saint-Symphorien, Fondettes et Mettray, des protections spirituelles de la fin de l’Antiquité, et/ou du début du Moyen Age, issues du culte d’un martyr chrétien du IIIe siècle associé à des fortifications et des voies romaines. Il s’agit sans doute là de traces de l’instauration du christianisme en Gaule, mais aussi des traces des anciennes défenses de la ville de Tours pendant la période du Bas-Empire romain.

Eglises Saint-Symphorien en Indre-et-Loire

Eglises Saint-Symphorien en Indre-et-Loire

A Avrillé-les-Ponceaux, dans l’Ouest du département d’Indre-et-Loire, Saint-Symphorien-les-Ponceaux semble lié aux édifices, des petits ponts, évoqués par le nom lui-même. C’est aussi peut-être le cas à Anché, voire même à Azay-le-Rideau.

Le cas d’Orléans est aussi remarquable avec les églises Saint-Symphorien de Combleux, et Saint-Symphorien de Chaingy.

Chaingy est un toponyme unique en France, dont l’étymologie toponymique semble la même que celle de Cangé, ou de Cangey Le choix du « ain », ici peut-être « C’est hache haïe haine », semble lié à Caïn et à une certaine trahison pendant la Guerre des Gaules lors de la prise d’Orléans qui a un peu attendu ses renforts. Cela fait réfléchir… Hein ? Un pot cible n’est pas français. « Impôts cibles » peut se comprendre en ce lieu d’anciennes barrières de péage. Pour le confirmer on peut voir, sur Chaingy, les toponymes Petite Barre et Grande Barre, une référence à Martin, etc. La géomorphologie semble elle-même assez propice à cette activité de tri et de racket par l’autorité.

Nous avons pu remarquer que le culte à Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte semble avoir approximativement la même histoire et une implantation similaire avec les églises de Saint-Cyr-sur-Loire au nord-ouest de Tours, commune où existe le lieu-dit du Haut-Bourg (voir l’article dédié à Saint-Cyr-en-Bourg : http://patrimoine-rural.com/geologie-de-saint-cyr-en-bourg-maine-et-loire/).

Un extraordinaire voyage dans les espaces-temps des transitions…

Ainsi le Castellum de Larçay, peut nous ramener à la Gaule romaine au temps de la PAX ROMANA, avec le culte des dieux Lares consacré dans un édifice grandiose de protection familiale et commerciale des habitants de la ville de Tours et des voyageurs de commerce, trônant au-dessus de la grande voie de communication fluviale de la rivière du Cher, non loin du grand méandre de Cangé.

Ce Castellum nous évoque aussi les temps d’insécurité des invasions barbares germaniques et les techniques de défense des frontières au temps de l’Empire. Un lieu-dit, « Juspillard » (commandement pillard située sur une hauteur faisant face au fort gallo-romain, peut-être un souvenir d’un ancien siège…), situé au sud du Castellum sur cette même commune de Larçay, nous rappelle cette insécurité. La barrière de la forêt même de Larçay et son ancien propriétaire, l’archevêque de Tours, héritier de l’autorité romaine, en est même une évocation.

L’église Saint-Symphorien de Larçay, également sous la tutelle de l’archevêque de Tours depuis sa fondation et jusqu’à la Révolution française, nous évoque les temps des premiers Chrétiens et de l’Eglise militant contre la tyrannie de l’esclavagisme romain et contre les barbaries des envahisseurs germaniques.

Les ruines du Castellum de Larçay ont encore certainement beaucoup à nous révéler sur l’Histoire de la Touraine, et, bien sûr, de bien d’autres lieux où les hommes vécurent les mêmes périodes clefs qui forgèrent le patrimoine historique de ce pays.

Martyre de saint Symphorien

Martyre de saint Symphorien

Le matyre de saint Symphorien (tableau de Daniel Hallé, 1671)
(Photo : Pascal3012)

Extrait ci-dessous de mon ouvrage :
Larçay (Indre-et-Loire) à travers les siècles : l’église St-Symphorien
à télécharger ici, gratuitement :
Nicolas-Huron-St-Symphorien-de-Larcay (37).pdf
ou avec une participation volontaire éventuelle avec €-libre-paiement,
ou avec une invitation aux bénéfices avec 32%/€net.

Version papier à faire imprimer et à acquérir à la Boutique !

Bonne visite à travers l’étude de l’église Saint-Symphorien de Larçay (37).

N’hésitez pas, osez l’Histoire !


Ce contenu a été publié dans Histoire locale. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Le lien historique incroyable entre le Castellum de Larçay, château-fort gallo-romain, le toponyme de Larçay, et l’église Saint-Symphorien du village…

  1. Ping : Cadastre ancien et centuriation romaine

  2. Ping : Destruction d'Orléans et création de la ville de Tours

  3. Ping : Naissance de la ville de Tours et navigation sur le Cher

Les commentaires sont fermés.