Pocé : hauteur et méandre de rivière

Voici un extrait de la grande étude de la commune de Pocé-sur-Cisse.

Les premières interprétations

Château de Pocé-sur-Cisse

Le site du château de Pocé

Les premières interprétations de l’origine du nom Pocé ont été faites par Albert DAUZAT et Charles ROSTAING dans leur Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France (Paris, 1963, réimp. Paris, 1978). Pour ses auteurs, Pocé proviendrait d’un nom d’homme latin Poccius, complété avec le suffixe –é, –acum latin.

Cette interprétation a été rééditée par Ernest NEGRE, dans son ouvrage Toponymie Générale de la France (3 volumes, Genève, 1990-1991 ; article 8322, p. 520, tome I), indiquant comme origine Puceio, un nom d’homme romain Poccius, avec le suffixe –acum.

Cette interprétation est tirée notamment de Marie-Thérèze MORLET : Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle (Paris, 1968, 1972, 1985).

Cette thèse provient elle-même des dictionnaires italiens et allemands des noms propres de personnes latines, publiés au début du XXe siècle, et repris en France par Joseph PERRIN, dans Onomasticon totius latinitatis (1940).

Cette thèze fut encore reprise par Jean-Marie CASSAGNE et Jean-Marc PESSON, dans Origine des noms de villes et villages, Indre-et-Loire (Saint-Jean-d’Angély, Ed. Bordessoules, 2001). Nous les citons ici : « Pocé constitue l’héritière de l’ancienne Pocciacum, ou villa Poccii. Le village s’est donc développé à partir du domaine de Poccius, un riche propriétaire terrien de l’époque gallo-romaine. » Ils ajoutent que Pocé-sur-Cisse est en fait Pocé-sur-Cissé (sic), le terme Cissé étant aussi « une ancienne villa gallo-romaine » appartenant au Gaulois Ciccius et s’appelait Cicciacum.

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Artannes : étroit, resserré

Article notamment extrait de ma grande étude sur

les noms de lieux de la commune d’Artannes-sur-Thouet (Maine-et-Loire).

Les premières interprétations

Les premiers toponymistes à se pencher sur l’origine du nom Artannes ont été Albert DAUZAT et Charles ROSTAING. Dans leur ouvrage Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France (Paris, 1963, réimp. Paris, 1978), ils associent Artannes-sur-Thouet (Maine-et-Loire), mentionné sous la forme Artana en 1090-1100, et Artannes-sur-Indre (Indre-et-Loire), mentionné Artenna en 1102, au mot gaulois artos, ours, employé au sens propre ou comme nom d’homme, et complété par le suffixe gaulois –enna, ou latin –ana.

Ces auteurs associent Artannes à Artagnan (65 ; Hautes-Pyrénées) qu’ils expliquent par un nom d’homme gallo-romain, Artinius, issu du gaulois artos, l’ours.

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La latinisation médiévale des toponymes

La plupart des toponymistes ou des personnes qui s’occupent d’identifier l’origine des noms de lieu, font tous la même erreur d’appréciation. Ils prennent comme argent comptant les mentions écrites anciennes des noms de lieu.

Ces mentions écrites les plus anciennes datent pour la plupart de la période allant de la fin du XIe siècle au milieu du XIIIe siècle. Elles sont presque toutes issues de chartes, c’est-à-dire d’actes juridiques anciens comme des ventes, des donations, des échanges, etc., généralement ecclésiastiques.

Cartulaire du prieuré de Moncé XIIIe siècle

Cartulaire du prieuré de Moncé XIIIe siècle (Photo N. Huron, archives diocésaines de Tours)

Photo Nicolas Huron

La latinisation médiévale

Pendant cette période de l’histoire de France, presque tous les écrits étaient en latin médiéval.

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Le dieu romain Saturne et les églises Saint-Saturnin (1)

Mystère de la viticulture : de Saturne à Saint-Saturnin

Mystère de la viticulture : de Saturne à Saint-Saturnin

Vignette-devinette à partager… clic droit puis clic gauche !

Cet article est la réponse aux Vignettes-devinettes présentées en exemples et visibles en fin d’article, téléchargeables et partageables (impression, main à la main, courrier, courriel, etc.) pour faire mousser nos cultures.

La réponse singulière et plurielle

D’après la mythologie gréco-romaine, le dieu romain Saturne  (Cronos grec) fut détrôné par Jupiter et fut réduit à l’état de simple mortel.

Usurpateur ? Usure pater ?

La bonne blague ? Naïf à ce poing là ?

La mythologie raconte qu’il instaura un âge d’or d’égalité à Rome, avec l’aide du dieu Janus, le dieu à deux visages, dieu des seuils, des portes et des commencements, des frontières

Des yeux derrière la tête ?

Un problème avec le passé présent ?

Une revendication ? Étrange(r) ? La bonne blague…

Rome, par Jules César, vous a offert les bibliothèques publiques…

Saturne est une planète dont la position dans le ciel change très lentement, elle est un défi à la patience, alors que Jupiter change de position bien plus rapidement. Saturne évoque le temps qui passe, le temps qui mange ses propres enfants.

Le terme, le mot « Saturne », est lié au fait de tourner, de faire un détour, de se retourner. C’est pourquoi ce dieu est lié aux frontières et sert à faire un tri vis à vis des personnes éventuellement transgressives et irrespectueuses des biens et des personnes d’un lieu, d’une contrée, de Rome, et donc de l’aristocratie romaine. Ce nom évoque aussi un mercenaire, un gardien. S-AT-TUR-nœud…

Vas-y ! Bouge-la ! Ose Oz…

Saturne (photo de la NASA, USA)

Saturne (photo de la NASA, USA)

Astre lumineux blafard lointain,

Saturne et sa logique semblant inamovible…

Dans quel sens est son chapeau, relevé ou abaissé ?

Sa propre optique, dégagement interne, provoque un prisme hexagonal.

Cette particularité mal comprise est en ce moment usurpée

pour la Terreur par les satanistes orientaux.

Ils s’en décrivent comme voleurs.

Sous l’empire romain existait une fête commémorative annuelle de cet âge d’or : les Saturnales. Pendant cette fête, il était interdit d’entreprendre une guerre ou d’exécuter un criminel. Tout le monde se déguisait et les rôles des maîtres et des esclaves étaient inversés.

Certains en profitaient ? Était-ce seulement une fête, un jeu ?

Oui, comme le chêne aux pendus de Saint-Louis à Vincennes…

vins scènes… vain Seine, V’in-s’haine, pour les réclamations…

Cette fête servait à reconnaître les personnes transgressives qui prenaient au sérieux cette inversion des rôles pour en profiter et en abuser. Lors de cette fête, ce gaspillage festif, les dénués des vertus romaines se dénonçaient d’eux-mêmes. Et, le lendemain, car le temps passe… les esclaves trop entreprenants, qui auraient quelque peu insulté les vrais maîtres et qui auraient pris cette fête un peu trop au sérieux, devaient se trouver face à Rome tous les autres jours suivants de l’année, et ça t(o)urne à Rome. Bon courage !

Un peu comme les Gaulois refusant à Jules César le ravitaillement de ses légions…

Le culte de Saturne a donné son nom au jour de samedi, « ça me dit… » nana n’a…

la veille du jour de notre saigneur, Notre Seigneur, notre « C nieur… »

C’était le dieu des vignerons et des paysans qui ne peuvent qu’agir pour le bien de Rome, et ainsi pour le bien de tous (la première médecine est la nourriture d’après son inventeur Hippocrate, Ἱππο·κράτης ; ou bien ypokratéô, ὑπο·κρατέω-ῶ [ᾰ] prendre de la force en dessous, se souder à la partie supérieure, GAL. 14, 435 ; ou en corps encore autre chose… ? Allez vous faire voir chez Lays grecques en farfouillant dans Le Grand Bailly), car sans le respect des bornages, des seuils, des propriétés, des frontières, etc., pas de productions agricoles…

Vous mangez et vous respirez quoi ? Mes ancêtres ?

Saturnisme ? σατυρ isthme ? σάτυρ’ος ?

Ah ouais ? AVE ! Ces arts, César !

Les vignes de Saturne

Les vignes de Saturne

Y aurait-il un rapport entre l’ancien culte à Saturne et la fondation des églises Saint-Saturnin à la fin de l’Antiquité ou au début du Moyen Age ?

Miroir mon joli mire hoirs…

Frontières antiques : Syn-sat-urne-in-…

Avec quelques dictionnaires comme le Félix Gaffiot, Le Grand Bailly…

faites un peu de mon jeu de toponymie, de maux et de mots, pour y voir

votre arrogance, votre ignorance, votre irrespect, vos pillages, vos crimes…

L’Église chrétienne catholique romaine est héritière de Rome… sa suite !

Les églises Saint-Saturnin sont-elles les vestiges d’un ancien culte romain à Saturne ?

Furent-elles une christianisation d’un culte païen ? Sont-elles encore un test ?

La réponse, qui semble évidente (€ ?), a été découverte en construisant :

l’historique de la commune de Limeray à travers les noms de lieux.

Miroir de votre ignominie, de votre ignorance, de votre incurie ?

VI VI VI oui, oui, oui, vie vive vit…

De Saturne à Saint-Saturnin…

Dieu des vignerons et des paysans qui vous nourrissent, Saturne était lié à la culture de la vigne, plante qui délie les langues et les frontières de la vérité en faisant tourner la tête…

Sur la répartition des toponymes Saint-Saturnin en France, nous constatons qu’ils sont surtout nombreux dans le sud de la France, sur les contreforts des Alpes, du Massif-Central et des Pyrénées, mais pas seulement.

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Faire l’inventaire des toponymes de sa commune

Voici un exemple d’inventaire

Saint-Cyr-en-Bourg (Maine-et-Loire, 49)

grâce à son cadastre ancien

à une cartographie expliquée

avec une liste indexée des noms de lieux

Un nécessaire inventaire !!!

Pour expliquer un toponyme, il faut connaître son environnement géologique, géographique, historique, parfois botanique ou animalier, etc. Il faut aussi connaître son environnement toponymique.

En effet, un toponyme peut aussi trouver un complément à son explication à travers les autres toponymes voisins.

Par exemple, un toponyme de morphologie géographique romaine, sera souvent regroupé avec d’autres toponymes du même genre.

Traiter un toponyme isolément est bien sûr possible, mais aller vers un historique plus complet du terroir est beaucoup plus utile et peut compléter astucieusement une analyse.

Les principaux outils de l’inventaire : le cadastre napoléonien

Pour faire l’inventaire des toponymes d’une commune, il faut d’abord se servir des cadastres. L’outil le plus utile à un historique à travers les noms de lieux est le cadastre ancien dit napoléonien.

Ce cadastre établi au début du XIXe siècle,  se compose d’un très grand livre à la couverture généralement noire, d’une dimension de 60 à 80 cm de côté, et de matrices cadastrales, c’est-à-dire de livres partant inventaire des parcelles et de leurs propriétaires.

Cadastre ancien

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