Pocé-sur-Cisse : indépendance d’avec Saint-Ouen-les-Vignes

L'église Saint-Adrien de Pocé-sur-Cisse (indre-et-Loire)

L’église Saint-Adrien de Pocé-sur-Cisse (indre-et-Loire)

Eglise Saint-Adrien de Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire)
érigée en siège de paroisse en 1771.

La commune de Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire, 37), avant d’être commune, a été paroisse, mais seulement à partir de 1771.

Cette paroisse n’était autrefois que la portion sud de la paroisse de Saint-Ouen-les-Vignes, autrefois appelée Saint-Ouen-du-Bois.

Saint-Ouen-les-Vignes était une création bien plus ancienne et datant probablement de l’époque mérovingienne, puisque saint Ouen fut référendaire du roi Dagobert Ier, roi des Francs de 629 à 639, et fut évêque de Rouen.

Le bourg de Pocé, mentionné depuis le XIIIe siècle, possédait une église Saint-Adrien à partir du milieu XVIe siècle, et autrefois une chapelle Saint-Guillaume.

Cette église Saint-Adrien fut érigée en succursale de paroisse en 1771 par ordonnance royale du roi Louis XV.

La nouvelle paroisse prit comme patron, l’ancien vocable de cette église : Saint-Adrien

Saint Adrien, soldat, officier dans l’armée impériale, au IVe siècle, faisait le métier de tortionnaire, notamment d’hommes, de femmes et d’enfants chrétiens, et  fut traqué et martyrisé pour avoir renoncé à ces pratiques abominables.

Dans le choeur de l'église de Pocé-sur-Cisse

Dans le choeur de l’église de Pocé-sur-Cisse

Culot Renaissance sculpté de la salamandre de François Ier
Eglise Saint-Adrien de Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire)

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Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire), histoire par ses noms de lieux
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L’érection en paroisse : 1771

La chapelle Saint-Adrien de Pocé, depuis sa construction en 1535, n’avait été qu’une simple chapelle succursale de l’église paroissiale de Saint-Ouen. En 1715, le roi Louis XV ordonna une enquête pour que la chapelle Saint-Adrien de Pocé, fût érigée en église paroissiale.

Pourquoi cette enquête ?

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Pourquoi cette enquête ? Louis Pelluye, trésorier de France au bureau des finances de Tours, seigneur de Pocé, légua par son testament du 4 janvier 1713 une somme de 6000 livres que devait être consacrée à l’entretien d’un curé pour la desserte de la chapelle Saint-Adrien, et donc afin que cette chapelle fût érigée en cure et église paroissiale. Cette somme de 6000 livres, avec les intérêts se montant à 2530 livres, fut placée et convertie en rente foncière sur l’hôtel de ville de Paris, à 2,5 % par contrat passé devant Remy notaire à Paris le 16 octobre 1720, produisant ainsi annuellement une rente de 213 livres 5 sols, à laquelle se rajoutaient les arrérages de cette rente. A cette rente, se rajoutaient les revenus de 18 livres 9 sols de plusieurs fondations pieuses liées à l’église de Pocé, avec un arpent et demi de vigne, deux arpents et demi de pré en 16 pièces, 61 chaînées de bois taillis en deux pièces, un quartier de terre labourable, un petit logement dans le bourg de Pocé, un jardin et ouche, dont le desservant jouissait alors. Tous ces revenus cumulés, il était démontré qu’ils étaient suffisants pour entretenir un curé à Pocé.

Une enquête fut faite pour connaître l’état de l’édifice et s’il pouvait convenir en tant que nouvelle église paroissiale.

Les avis favorables du doyen et des chanoines de l’église de Tours, ceux de l’église collégiale et paroissiale de Saint-Florentin d’Amboise, du sieur Louis Pastoureau, curé de la paroisse de Saint-Ouen, et Pierre Tolaine, syndic de Saint-Ouen, de Jean Vincendeau, laboureur, représentant des habitants composant la succursale de Pocé, de la dame abbesse de Moncé, du sieur abbé commenditaire de l’abbaye de Fontaines-les-Blanches, du prieur et des religieux de cette abbaye, du sieur Bertrand, seigneur de Chartes de la paroisse de Saint-Ouen en 1766, des habitants de la paroisse de Saint-Ouen le 8 juin 1766, etc., furent recueillis. Leurs procès verbaux sont conservés dans le fond de la cure de Pocé (Archives départementales d’Indre-et-Loire : G 916).

Après moultes réunions et démarches, l’église de Pocé fut effectivement érigée en église paroissiale par ordonnance de l’archevêque de Tours du 27 août 1771.

Extrait : « Henri Marie Bernardin de Rosset de Fleury, conseiller du Roy en ses conseils, archevêque de Tours, à tous ceux que ces présentes lettres verront, salut, sçavoir faisons que vû la requête, à nous présenté par le sieur Jean Decop de Pocé, écuyer, conseiller du Roy et son avocat honoraire au bureau des finances de la généralité de Tours, expositive que le feu sieur (Louis) Pelluye, écuyer, trésorier de France, seigneur de la chatellenie de Pocé, par son testament olographe du quatre janvier 1713, de Pocé, dans l’étude de Boisquet notaire en cette ville, le 14 juillet 1714, a donné et légué la somme de 6000 livres pour être employé dans un fond dont le revenu serviroît à la subsistance d’un curé qui seroit nominé à la ditte cure de Pocé, que devant mettre à exécution les volontés du testateur, il y a eu recours à nous pour qu’il nous plut ordonner que la succursale de Pocé seroit érigée en cure, néanmoins à la charge par le titulaire qui seroit nommé d’exécuter les clauses dudit testament ; que le sieur testateur étant décédé au mois de juillet 1714 et ses héritiers ayants vendu à dame Jeanne Soulas veuve René Decop, écuyer, conseiller du Roy, la ditte terre de Pocé dont il est seigneur, par droit d’héridité, le vénérable promoteur pour la conservation de la fondation ou dotation, auroit fait faire et arrêter entre les mains de la ditte dame veuve Decop les sommes qu’elle pouvoit devoir à raison du prix de son acquisition, que sur cette faiste et arrest seroit intervenue sentence au bailliage de Tours le 30 avril 1720 contradictoirement rendue avec l’héritier du testateur …

Et tout considéré, le saint nom de Dieu invoqué, nous, archevêque de Tours, avons ordonné que le testament du feu sieur Pelluye du 4 janvier 1713, sera exécuté ; en conséquence l’église succursale de Pocé érigée en cure et paroisse ; érigeons par les présentes au titre de cure la ditte église succursale de Pocé dont la nomination collation et toute autre disposition appartiendront à nous et aux archevêques nos successeurs, et pour cet effet ordonnons que les arrérages de la somme de 8530 livres provenants d’une somme de 7000 livres en principal et 1530 livres d’intérêts de la ditte somme courus depuis le décès du sieur testateur jusqu’au 16 avril 1721, convertie par contrat dudit jour en une rente sur l’hôtel de ville de Paris produisant à deux pour cent, 213 livres, et demeurée es mains du sieur receveur des consignations du bailliage de Tours, jusques et compris 1731, ensemble ceux courus depuis jusqu’à ce jour restés es mains du payeur des rentes ou déposé audit thrésor royal en seront retirés par ledit sieur Denys pour être colloqués, et le produit faire avec la susditte rente de 213 livres 15 sols, premièrement et principalement la portion congrue et canonique dudit sieur curé, au désir dudit testament ; et ainsy qu’elle a été placé et ordonnée par déclaration du Roy de l’année 1768, et ensuite le restant, après les frais payés, être employé à la réfection, construction ou acquisition d’une maison convenable pour faire la demeure dudit sieur curé et où arriveroit n’y avoir de quoy suffire, jugeant lesdits habitans et bienstenants dudit lieu de Pocé de leur soumission portée en leur acte dudit jour 20 may 1770, disons que lesdits habitants et bientenants dudit lieu de Pocé seront tenus d’une somme de 1000 livres, à l’effet du presbitère ou maison pour demeure dudit sieur curé et au cas que la ditte somme de 213 livres 15 sols de rente constituée au principal de laditte somme par ledit contrat, les arrérages courus depuis la passation dudit contrat jusqu’au jour de leur sortie, et la somme de 1000 livres portée par la soumission susditte des habitants et bientenants de Pocé ne seroient suffisantes, il y sera pourvu, de manière que les dixmes généralement de la ditte paroisse de Saint-Ouen et district de la ditte succursale de Pocé ne soient recherchées pour raison de contribution à la dotation ou portion congrue de la ditte cure de Pocé, comme et ainsy que des réparations du chœur et cancel de l’église dudit Pocé au désir de l’acte dudit jour 20 may 1771, desquelles réparations, les dixmes susdittes ne seront contribuables que par concours avec lesdits habitants et comme les bientenants, les lieux préalablement mis en état, le surplus des conditions respectives entre les habitans et bientenants desdittes paroisses de Saint-Ouen et succursale de Pocé demeurant en son entier. La dite érection faite aux charges par le futur curé de Pocé de la célébration de la sainte messe chaque semaine à perpétuité pour le repos de l’âme dudit sieur testateur, laquelle sera inscrite sur une table de cuivre posée à côté de l’autel ; et en outre, par la fabrique dudit Pocé, pour mémorial et reconnaissance à toujours de l’ancienne dépendance de l’église de Pocé à celle de Saint-Ouen, de la rétribution ou redevance annuelle de deux ou plusieurs cierges jusqu’à la concurrence de deux livres de cire neuve, blanche ou jaune, et ainsy qu’il pourra en être usé en la ditte église de Saint-Ouen le jour et fête du patron pour être allumer et brûler sur le grand et principal autel pendant tous les offices de la ditte fête, et en ce qui regarde la division et partages faits et la destination des rentes et biens fonds pour demeurer toujours affectés à la fabrique de Pocé par le sindic, acte du 16 juin dernier, nous l’avons homologués pour être exécuté en toutes circonstances, avons confèré et conférons par ces présentes la ditte cure de Pocé à maitre Nicolas Bredon, desservant actuel de la dite paroisse, pour par nous en être envoyé en possession au moment que notre présent décret sortira sa pleine et entière exécution. Donné à Tours en notre palais archiépiscopal sous notre seing le sceau de nos armes et la signature de notre secrétaire l’an de grace 1771, le 27 aoust. » (Signé : + Henri arch. De Tours) (Archives départementales d’Indre-et-Loire : G 15).

Cette érection fut confirmée par lettres patentes du roi Louis XV, de novembre 1772, donnée à Fontainebleau et signée Louis (par le roy Phelippeaux, visa de Maupeau, régistrée en Parlement de Paris le 10 may 1774) (Archives départementales d’Indre-et-Loire : G 15).

La paroisse de Pocé fut ainsi fondée et formée à partir d’une partie du territoire de la paroisse de Saint-Ouen-les-Vignes.

Le 9 avril 1775, Bredon, desservant de la nouvelle paroisse signa pour la première fois « curé de Pocé ».

Le 21 avril 1776, les habitants de la paroisse de Pocé, autorisèrent Claude-Louise-Catherine de Cullon, épouse d’Antoine-François Dujuglart, avec le consentement de Jean Decop, seigneur de Pocé, de faire construire une chapelle dans l’église de Pocé, en face de la chapelle nord possédée par le seigneur de Pocé Decop, afin d’agrandir celle-ci au sud. Cette nouvelle chapelle, aujourd’hui disparue, fut démolie après 1815, date où elle figure sur une aquarelle représentant le bourg de Pocé et conservée à Fourchette.

Un inventaire des titres de l’église de Pocé et du mobilier trouvé après le décès de Gilles de Hamel, curé de Pocé, fut réalisé le 16 février 1777 (chartrier de Pocé : E 647).

Le presbytère, actuelle mairie : 1771

L’acte d’érection de la succursale de Pocé en église paroissiale prévoyait la réfection, la construction, ou l’acquisition d’un presbytère pour servir de demeure au curé de la nouvelle paroisse.

La mairie actuelle, ancien presbytère, semble être effectivement une construction de la fin du XVIIIe siècle et il semble bien qu’elle ait son origine dans l’acte précédent.

Le bâtiment a été très modifié au XIXe siècle.

Mairie de Pocé-sur-Cisse

Mairie de Pocé-sur-Cisse

L’indépendance fiscale : 1782

Par arrêt du Conseil d’Etat du Roi du 10 septembre 1782, Pocé devint une collecte distincte de Saint-Ouen-les-Vignes. Le procès verbal de séparation du rôle de la taille de Saint-Ouen-les-Vignes attribua le 13 mai 1783 à Pocé 121 feux (foyers fiscaux) taillables dans les limites paroissiales conservées pour la collecte (Archives départementales d’Indre-et-Loire : G 15 ; L 193 ; C 879).

L'église Saint-Adrien à l'origine de la commune de Pocé-sur-Cisse

L’église Saint-Adrien à l’origine de la commune de Pocé-sur-Cisse

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Césure de fin pour doc

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