Mécénat : le Moulin de la Machine à Milon-la-Chapelle (78)

Recherche à propos de la plus ancienne mention écrite, datant de la fin du XIIe siècle, du Moulin de la Machine, sur la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines ; 78).

J’ai reçu une demande très particulière faisant appel à mes savoirs en histoire médiévale, mais surtout en paléographie et en diplomatique, sciences annexes et outils de l’historien médiéviste. La personne qui m’a fait cette demande, Frédéric Patron, est donc mécène des réponses apportées par le tout petit extrait de document historique sur lequel il m’a demandé de me pencher. J’ai ajouté quelques assaisonnements de toponymie, de philologie, d’histoire du terroir local, etc.

Il ne suffit pas d’avoir d’infinis savoirs, mais encore faut-il que quelqu’un veuille s’en instruire…

Grand merci donc à Frédéric PATRON !

et à ses 32%/€net possibles ici…

Joyeux Noël à tous !

La demande aménagée du client :

Bonjour,

« Je recherche quelqu’un pour étudier profondément l’origine d’une phrase (tirée d’un testament trouvé dans un cartulaire de l’abbaye Notre-Dame des Vaux-de-Cernay), du 12ième siècle.

Pour situer, dans ce testament, il semblerait qu’il y ai une référence a un lieu (un moulin plus exactement), j’aimerais avoir des informations sur ce mot qui semble « inconnu » !

la phrase en question : « presbitero Capellæ unum modium annonæ annuatim in mollendino de Mascenciis »

Cette demande est, a posteriori, claire et précise.

Si vous me faites une demande, elle sera évidemment différente…

Je vous aiderai à savoir ce que vous cherchez et vous en apporterez plus qu’espéré.

Techniquement, cet extrait n’a pas pour origine un jouet en bois (papier chinois) du Jura, ni un papyrus d’Egypte (quoique…), mais du cuir, généralement de vache, de veau ou de boeuf, transformé en parchemin. Taureau ? Mouton ? Chèvre ? Ane ? Cheval ? Jument ? Mulet ? … Peut-être peut-on en faire un bon clone si on en retrouve l’original ? Tore haut ?

« Parigoths tètent deux veaux », à propos de la Vallée des Merveilles…

Mon service de recherche et mon rapport :

Précisons que le toponyme de la Machine concerne sans doute la plateforme, quelque peu rectangulaire, située à l’Ouest du chemin montant sur le coteau au nord-est derrière ce moulin.

Voici mon rapport en téléchargement, à partager sans mode et rations :

http://patrimoine-rural.com/Milon-la-Chapelle-78/Milon-la-Chapelle-78-Moulin-de-la-Machine.pdf

En voici ma conclusion et son pluriel singulier autant que sa singularité plurielle :

Monsieur Auguste Moutié, l’un des rédacteurs du cartulaire de l’abbaye Notre-Dame des Vaux-de-Cernay, dans lequel il intégra, issu de son propre fonds, le phrasé étudié ici, « presbitero Capellæ unum modium annonæ annuatim in mollendino de Mascenciis » nous indique dans son ouvrage, Chevreuse, recherches historiques, archéologiques et généalogiques, première partie châtellenie, baronnie, duché, édité au sein des Mémoires et documents publiés par la Société Archéologique de Rambouillet, Tome deuxième, 1873-1874 (Rambouillet, librairie de Raynal, 1874), au chapitre XIII, page 347, portant sur la paroisse de Milon-la-Chapelle, que : « Vers la fin du douzième siècle, Adam, seigneur de Châteaufort, légua par son testament, au prêtre de la Chapelle, de Capella, un muid de blé (la nature de la production n’est, en fait, pas indiquée) sur le moulin de Mascencies, dans lequel, surtout si l’on doit lire Masceneiis, on peut reconnaître le moulin actuel de la Machine, dans la paroisse de Milon, et l’ancienne dénomination du bois aux Mechines, désigné dans l’aveu de la châtellenie de Chevreuse fait en 1280. »

Référence : https://books.google.fr/books?id=QDdMAAAAMAAJ&pg=PA347&dq=masceneiis&hl=fr&sa#v=onepage&q=masceneiis&f=false).

Après étude approfondie, je partage l’opinion de monsieur Auguste Moutié, à propos de la localisation du Moulin de la Machine, sur la commune actuelle de Milon-la-Chapelle, indiqué dans la toponymie médiévale in mollendino de Mascenciis, et son opinion sur l’hypothèse d’une orthographe Masceneiis originelle possible.

La terminaison eiis est d’ailleurs assez indicative en latin classique et se réfère à la racine de la famille du verbe eiecio, ejecio, ejeciere, jeter hors, chasser de… qui peut se rapporter aux machines de jets. Elle se réfère également à un terme très utilisé dans les documents juridiques médiévaux eius, ejus, génitif de is, lui, celui-ci, comme valeur augmentative, qui nous montre que le clerc a fait un choix de lettré dans l’adaptation latine médiévale du toponyme du Moulin de la Machine.

Même avec une terminaison ciis, un clin d’œil semble possible avec le verbe cieo, ciere, mettre en mouvement, donner le branle à, provoquer, produire, exciter, mais aussi faire sortir des sons, en produire, telle une machine. Mascenciis ou Masceneiis, tout en réflexion religieuse…

L’adaptation latine médiévale de ce toponyme est donc vraiment liée à son époque comme nous avons déjà pu le découvrir.

Le toponyme désigne effectivement une machine, un engin, soit hydraulique, soit militaire, comme engin de jet. Il peut aussi désigner une plateforme de vente d’esclaves. Selon la configuration du terrain et les toponymes voisins, nous devons retenir ces trois interprétations comme des interprétations possibles. Le toponyme est romain, voire même gaulois, c’est-à-dire de langue gréco-celte, voire gréco-romaine. Il peut être protohistorique, voire plus ancien. Auguste Moutié nous indique qu’on le trouve aussi sous une forme plus grecque que romaine : mechines en 1280.

Le toponyme Méchine, plus proche du gaulois et du grec, qui semble incontestablement un synonyme de Machine, ainsi que celui de Méchineix, qui semble se rapporter à une machine hydraulique, paraissent confirmer notre interprétation.

clip_image002

Méchineix, et la Chapelle de Méchineix, sur la commune de Riaucourt (52 ; Haute-Marne), et les toponymes associés du Bois de Méchineix,et de la Source de Méchineix sur la commune de Treix (52 ; Haute-Marne), de la Croix de Méchineix, sur la commune de Darmannes (52 ; Haute-Marne), non loin de Chaumont-sur-Marne, fait référence à un petit vallon, sa source sans doute sacrée, et peut-être à un dispositif de captage des eaux dans un petit vallon adjacent à la Marne, dans une zone qui semble assez sèche, petit vallon, trait d’eau, raie d’eau, indiqué par le toponyme Treix. Peut-on imaginer au Moulin de la Machine, un dispositif hydraulique pour alimenter en eau le plateau ?

Belle Méchine, sur la commune de Bligny (10 ; Aube), dont le nom de chef-lieu de commune, signifie entre autres sens : guerre ou clairière brûlée ou brûlée par la guerre ou clairière brûlée, avec une référence à la limite, la frontière, la ligne.

La Borde Méchine, sur la commune de Théligny (72 ; Sarthe), fait référence également à une ligne frontalière, celle séparant l’ancien diocèse de Chartres de l’ancien diocèse du Mans. L’orthogonalité d’une construction est évoquée dans le nom du chef-lieu de la commune.

La Méchine, sur la commune d’Auterive (32 ; Gers) se situe près d’Auch sur une route descendant des Pyrénnées.

Le Bois Méchine et le Moulin du Bois Méchine (ancien moulin à vent situés sur le coteau de la Loire), à la Chapelle-Basse-Mer, sur la commune de Divatte-sur-Loire (44 ; Loire-Atlantique) se rapporte très étrangement au toponyme du Moulin de la Machine, à la Chapelle. On trouve non loin les toponymes des Hautes Rivières, de la Plaise, de la Fosse aux Loups, et le toponyme militaire de la Barre.

Ainsi le phrasé « presbitero Capellæ unum modium annonæ annuatim in mollendino de Mascenciis » mentionnant le Moulin de la Machine, sur l’ancienne paroisse de la Chapelle, est bien authentique et plein d’enseignement sur la connaissance du terroir local rural, de son histoire et de sa géographie.

Son étude nous mène notamment jusqu’à Huisseau-sur-Mauve, Neuvy-sur-Barangeon, la frontière entre le Poitou et la Touraine, etc., jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer…

A travers la philologie il évoque la Révolution française, la destruction du patrimoine de notre pays et les tentatives de sa sauvegarde par de nobles individus, des érudits ou des curieux au début du XIXe siècle.

A travers la diplomatique, il évoque bien la fin du XIIe siècle, la transition entre l’art roman et l’art gothique, la grande science écrite et spirituelle des clercs, les réformes de l’Eglise à cette époque, la croisade du roi Philippe Auguste en 1190 qui en fut à l’origine par le testament d’un seigneur local, les transformations et améliorations de l’agriculture aux temps des cathédrales, les préoccupations temporelles du siècle, le Jugement Dernier, la complexité du droit médiéval, ses principes de sauvegarde, etc.

Le toponyme va encore plus loin en évoquant l’origine gréco-romaine de la Machine, les anciennes nations gauloises des Parisii et des Carnutes, et le triage du bétail et des esclaves en leurs frontières. Il évoque aussi l’Empire romain et ses frontières internes, la défense de Lutèce, mais aussi l’esclavagisme et la naissance du christianisme.

Les références à la Louve, Rome, et aux Loups, ses Romains, y sont présentes, même dans d’autres toponymes voisins. Les références aux tréteaux, à la Chèvre, à travers la Chapelle, Chevreuse, etc., et au diable puant, représenté souvent en bouc, sont également présentes, sur ces coteaux d’argile à meulières. Les références à Jésus Christ qui fut présenté, sur la Machine devant la foule, par Pilate, et à Marie, Notre-Dame de Milon-la-Chapelle, sont aussi présentes, un moulin faisant référence, au Moyen Age, à la Nouvelle Alliance. On pourrait même y voir le X X X d’incroyables talents…

Un vrai topo à propos de la veuve et de l’orphelin…

Rome, Romulus et l’Empire toujours ceint.

Jules César, sa guerre et l’Histoire.

La Vierge Marie et J.-C.

Lutte est-ce ?

+ + +

Document à dess(e)in du samedi 21 novembre 2020, jour de la Présentation de Marie

Nicolas Huron, historien en milieu rural et parfois sur patrimoine-rural.com

Cadeaux… un secret pour le mécène :

J’ai promis au mécène, Frédéric Patron, un secret que j’ai trouvé pendant mon travail à propos de sa demande. Ce secret n’est pas dans mon rapport téléchargeable ci-dessus, donc le voici :

Le clerc qui a écrit le testament, peut-être le chevalier, Adam du Châteaufort, partant probablement pour la croisade avec le roi de France Philippe Auguste, en 1190, a fait un jeu de maux :

Le petit bout “de Masceneiis”, dans le petit bout, peut se lire, dans cette période de naissance du royaume de France et du françois, “de m’asène y” ou autrement… mais surtout, en latin “scena”, aussi écrit “sacena”, signifie : hache pour les sacrifices. Ce même mot, parfois orthographié “scaena” signifie : scène d’un théâtre, théâtre.

« Ma », mauvaise ou la mienne ? comme prée fixe…

Ce secret de compréhension peut aussi se prendre à partir de “ascensus”, action de monter, notamment soi-même, une machine ou une tente… et de “ascenus, a, um” qui est sans tente, sans abri, sans asile.

Nomade, no made, no mad ? Nomme à deux ! N’homme à de… Nomme AD !

Ma Seine Cysse (tisse ou apprenti… en indo-européen)…

mascenciis, se lisant ma chaîne qui y hisse…

Grande sémantique véritable !

Mmmm as camp s’y hisse…

Masse Est noeud iiii…

Ma Cène s’y hisse…

Masque haine…

Avec de

T’es âtre ?

Cela fait carnaval, où carne avale…

et donc le “Selle à chiant-lie” du Général de Gaulle, synonyme.

Cela ressemble vraiment à un coup monté, bien haut, dans les hautes sphères…

D’actualité, on peut rajouter la Matrix, la Machine, l’âme à Chine, l’amas Chine… Non ?

Rumination, mastication, chemin d’abreuvage, chemin de la soif…

Coule, cool, coup Leu ? Coule l’euh…

Cela m’échine ?

GREC ?

Pour bien comprendre et intégrer une bonne partie des savoirs de ce secret, il faut lire le rapport en son entier, et voir les cartes, voire les lieux, et tout son espace spatio-temporel spirituel. Vous entrerez alors dans un vortex infini pour tout autre lieu.

Le mien, le sien, et peut-être maintenant le vôtre peut être à essayer…

Histoire suivez la flèche

Osez l’Histoire…

Contact !

La preuve pour lui :

Ce contenu a été publié dans Histoire locale. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.