Frontières antiques : approche du culte de saint Michel

Lien d’avertissements et d’enquêtes un peu entamées…

Traces militaires antiques : Saint-Michel

Saint-Michel archange, fêté le 29 septembre, protecteur du peuple de Dieu, dont le nom d’origine biblique, Mikael, signifie “qui est comme Dieu”, a eu un culte assez bien représenté en Région Centre et en France. Son culte est souvent lié à celui de Notre Dame et à la protection des frontières, des voies, des femmes et des enfants.

La mythologie romaine le compare à Appolon… arc et peste… arc en jeux…

La répartition géographique du culte de saint Michel, avec notamment les chapelles et les églises placées sous ce vocable, nous montre qu’il fut lié aux antiques frontières héritées de l’Empire romain, les anciens diocèses, frontières héritées elles-mêmes des anciennes nations gauloises. Ainsi le culte de Saint-Michel est lié à l’ancienne organisation de l’Empire romain, puis des royautés mérovingiennes et carolingiennes.

Cette organisation est très géologique en géographies des terroirs et ressources…

Ces traces d’autorité militaire romaine semblent généralement situées un peu en retrait, dans des lieux stratégiques : coudes de frontière, grandes routes, centre de secteurs sensibles… souvent près de bois et d’une petite clairière enserrée.

La notion d’angle (ange…), et la notion de coude (aile), sont souvent présentes dans de nombreux toponymes liés ou sont visibles dans la géomorphologie des lieux (méandres de l’Arnon à Chârost), ou dans le choix routier ou frontalier : Saint-Michel-de-Volangis, Saint-Ange, Coudray, Bois-Aubry… mais il y a plus extraordinaire que cela…

La géologie et la géographie nous offrent parfois une autre interprétation originale et sans doute originelle pour certains lieux très particuliers et non liés à des frontières antiques. Ainsi à Saint-Michel-de-Volangis (18 ; Cher), la géologie nous indique la présence en cet endroit d’huîtres géantes du Jurassique, et à Chârost (18 ; Cher), l’église Saint-Michel où nous trouvons beaucoup de lamellibranches (coquilles bivalves), avec des ammonites et des éponges, et dont le toponyme Saint-Michel est liée au toponyme du Gué Saint-Michel où le relief des méandres des coteaux de l’Arnon suggère une gigantesque coquille ouverte, quant à l’église Saint-Michel de la Ferté, sur la commune de la Ferté-Saint-Aubin (45 ; Loiret), en bord du Cosson, on pense immanquablement aux coquillages d’eau douce dont le Cosson est tapissé de vestiges (voir mon étude d’inventaire sur les noms de lieux de Huisseau-sur-Cosson), sachant que le nom même de cette rivière évoque les dites coquilles, dépôt calcaire, karstique de carbonate de calcium, toute en brillances et reflets scintillants de leur nacre…

Ainsi la frontière antique est évidente à l’église de Lourdoueix-Saint-Michel (36 ; Indre), que j’ai déjà étudiée, où Saint-Michel semble encore signifier avec son église fortifiée, les sens de « mis-clos », « à demi scellé », « à demi-fermé », ou « mis fermé »… sachant qu’une petite faille géologique très particulière en cet endroit induit un peu cela, et qu’autrefois le chœur était fermé d’un chancel et que la nef était ouverte à tous.

N’y voir qu’un sens aurait gâché toutes connaissances des lieux…

Ainsi, on peut tomber parfois sur une très ancienne suggestion préhistorique, un phrasé compréhensible en faune éthique phonétique, comme syn-mi-shell, traduisible par « ensemble de coquilles de mollusques » caractéristique du terroir, sachant que deux demi-coquilles en forment une chez les bivalves : syn-mi… et que la suggestion de la piste linguistique germanique est un peu forcée avec le ich… pour son Shell (voir mon article dédié).

Ainsi se faire vraiment une idée des sens originels et -aux, des toponymes Saint-Michel,

c’est donc au cas par cas… caillou par caillou, pierre par pierre,

voire fossile par fossile, ou en vestiges aquatiques de coquillages d’eau douce récents…

On doit remarquer que ce culte, avec phonétiquement ses miches et ses ailes et elles, voire ses coquillages… fut lié à des maladreries, comme à Marchenoir (41 ; Loir-et-Cher), ou à Maslives, avec celle de l’Écuelle (41 ; Loir-et-Cher), ce qui ne s’invente pas… Quant à l’art roman avec ses chevets en abside semi-circulaire, l’évocation de la coquille protectrice est également évidente… en évocation des théâtres ou amphithéâtres, grecs et romains.

T’es âtre ?

Saint-Michel à Paris !

Syn mi shell du palet happe Harris ?

Grève et trempette de Vénus… en cité, face à Appolon…

à hors tôt gras fille Est… à or taux gras fié… à ortho… graphier…

On peut indiquer que l’ancienne chapelle Saint-Michel-du-Palais, autrefois située le long et au nord de l’Hôtel du Trésorier, dont un bâtiment du Palais de Justice de Paris occupe actuellement l’angle, sur l’Île de la Cité à Paris, mentionnée dès le Xe siècle, qui donna le Pont Saint-Michel, le Boulevard Saint-Michel, la Fontaine Saint-Michel… semble être un toponyme préhistorique indiquant, voire prouvant, que la Seine a remplacé la Bièvre, à Paris, entre la Gare d’Austerlitz et le Palais de Tokyo, et qu’au Néolithique, la Seine en crue pouvait remonter le cours de la Bièvre jusqu’à cet endroit (voir mon article sur la Loire remontant le Thouet à Artannes-sur-Thouet, en Maine-et-Loire), lieu autrefois sain des eaux de la Bièvre avec sa conchyliculture d’eau douce… Un ancien Syn-mi-shell préhistorique scintillant dans des eaux encore potables… et vivables.

Boulevard, Fontaine, Pont, et ancienne chapelle Saint-Michel, à Paris…

La saignée du passage de la Seine dans la Bièvre, dispositif défensif gaulois, faisant de l’ancienne boucle de la Seine un marais défensif, se voit encore au début du Quai Saint-Bernard, près du Pont Austerlitz.

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